Dàli : une belle peinture

Nous quittons Kunming pour Dali, soit un trajet en train d’environ 9 heures. Dans notre compartiment, nous rencontrons grand-père Chon Ràng – et son épouse aussi souriante que discrète. Pour nous, un symbole de la population chinoise ou plus modestement la figure de notre rencontre avec le peuple chinois.

Grand-père Chon Ràng est curieux, il regarde de manière ostentatoire pas dessus l’épaule de Juliette pour la conseiller sur la façon de jouer, partage des cigarettes – qui ne se refusent pas, commente mon nez de français avec les passagers, se moque ouvertement de notre choix de nouilles lyophilisées, nous apprends à prononcer quelques termes chinois et félicite les progrès de Juliette, le regard plein d’attention…

à la chinoise

Du haut de ses 80 ans dont il est fier (ça et d’avoir fait deux fois la muraille de Chine), il a connu tous les évènements forts de la Chine : la guerre de Corée (on sent qu’ils ne les aiment pas beaucoup), l’invasion japonaise, la révolution culturelle…

Bon app!

Grand-père Chon Ràng est un personnage attachant autant qu’il en impose. Il semble donner une leçon de vie au jeune chinois qui nous accompagne également, nous ne comprenons pas tout mais le jeune chinois semble extrêmement respectueux vis-à-vis des propos. Ils auront des débats calligraphiques passionnés, surtout dans la manière d’écrire Juliette en Chinois qui semble être une succession de déclinaison dissonante et tonitruante. Malgré les explications du jeune chinois, grand-père Chon Ràng ne comprend d’ailleurs pas notre façon écrire occidentale. Cela semble lui paraitre illogique et complexe – pour rien.

Mur à Dali

Nous mettrons au point une méthode inédite de communication et si nous ne comprenons pas tout, tout le compartiment pouffe régulièrement de rire et nous échangeons de sincères regards de complicité.

Grand-père Chon Ràng ne supporte pas que l’on crache ce qui est courant en Chine et tandis que nous en grillons une lors d’un stop, il entend un raclement de gorge. Il fustige la personne de son regard dont la profondeur lui fait aussitôt ravaler sa salive.

Inscription Dali

Grâce à ces moments de rencontres – et aux autres, nous commençons à ressentir que le peuple chinois n’est pas cet ensemble de gens sales et sous éduqués que l’on nous a décrit. C’est simplement que là où l’on nous apprend à faire attention de ne pas empiéter sur la liberté d’autrui, pour le chinois, c’est à chacun d’avoir une tolérance sur la vie de l’autre… et certes pour un occidental, c’est parfois douloureux !

Notre guesthouse à Dali

Belle plante au manchon

Lorsque grand-père Chon Ràng et son épouse arrive à leur arrêt, chacun est autant ravis des moments que nous avons passés mais reste tiraillé de devoir se séparer. Grand-père Chon Ràng nous serre chaleureusement la main et psalmodie de sa voix chaude une bénédiction pour notre voyage qui semble attendrir les jeunes chinois présents.

Discussion entre femmes de la minorité Bai

Pour en revenir à Dali, c’est un village très agréable bien que très touristique – on entend chinois. Les travaux vont bons trains mais nous aimons assez déambuler dans les rues, d’une échoppe à l’autre. L’architecture est typique – un peu trop pour être honnête en fait.

Dur labeur, beaucoup de femmes...

Il commence à faire froid, pas de chauffage dans les chambres simplement l’ « electric blanket » dont les Guest house sont fans.

Temple principal à table - Dali Décoration murale

Les téléphériques sont en pannes, nous tentons une randonnée mais le temps et le prix d’entrée de la montagne (sic) nous dissuadent. Nous arpentons les remparts de la citadelle et découvrons la petite campagne environnante.

Porte Nord

Nous avons vraiment passé du bon temps à Dàli et les rencontres que nous avons pu y faire (en y ajoutant les précédentes) nous donnent le sentiment d’un réel rapprochement avec le peuple chinois.

Bric-à-brac Dàli